La réponse courte
En Wallonie, la réponse dépend d'une date. Si votre installation a été certifiée avant le 1er janvier 2024, la compensation efface vos kWh injectés jusqu'au 31 décembre 2030, mais uniquement sur la partie énergie. Ce qui reste à gagner par l'autoconsommation se situe alors sur les coûts de réseau, et cela dépend de votre compteur.
Ce que vous trouverez ci-dessous
Parce que la Wallonie n'a pas supprimé la compensation : elle l'a fermée à une date. Le décret du 1er octobre 2020, publié au Moniteur belge du 19 octobre 2020, y met fin, mais la maintient jusqu'au 31 décembre 2030 pour les auto-producteurs dont l'installation ne dépasse pas 10 kW et a été mise en service avant le 1er janvier 2024.
Ce que « mise en service » signifie n'est pas laissé à l'interprétation. L'arrêté du Gouvernement wallon du 12 octobre 2023 la définit comme la date de la visite attestant de la conformité de l'installation, autrement dit le contrôle RGIE. C'est cette date, et non celle de la commande ou de la pose, qui détermine votre régime.
La CWaPE y ajoute une règle qui compte si vous avez agrandi votre installation : une modification après le 1er janvier 2024 vous fait perdre la compensation, sauf si la puissance résultante ne dépasse pas de plus d'1 kW la puissance initiale et reste inférieure ou égale à 10 kW.
À retenir : le placement d'un compteur communicant ne change rien à votre régime de compensation. Le compteur ne tournera pas mécaniquement à l'envers, mais l'effacement des kWh produits aura bien lieu sur votre facture de régularisation. C'est la CWaPE elle-même qui l'écrit. Ce qui change, c'est la base de calcul de vos coûts de réseau : voir la section suivante.
Elle efface vos kWh injectés contre vos kWh prélevés, mais pas sur toute votre facture. La CWaPE est explicite : la compensation concerne la partie énergie, la commodity.
Sur la partie énergie, un kWh injecté vaut donc autant qu'un kWh autoconsommé. C'est sur les coûts de réseau que la différence peut se faire, et là tout dépend de votre compteur.
Avec un compteur double flux ou communicant, les tarifs proportionnels s'appliquent au volume brut prélevé. Autoconsommer réduit ce volume brut, et donc ces coûts. Il existe par ailleurs un plafond, mais il ne limite pas ce gain : il limite votre risque. Pour les prosumers sous compensation, la méthodologie tarifaire 2025-2029 plafonne les coûts de réseau calculés sur les prélèvements bruts au montant calculé sur les prélèvements nets, augmenté du tarif prosumer. La CWaPE explique cette garantie ainsi : vous ne prenez pas le risque de payer plus qu'avec le tarif capacitaire si votre autoconsommation reste finalement inférieure à 40,26 %.
Sans compteur double flux, c'est différent, et souvent mal compris. Vos coûts de réseau sont en partie forfaitisés par le tarif prosumer, calculé sur la puissance de votre installation, et les tarifs proportionnels s'appliquent au volume net. Comme la compensation réduit déjà ce volume net, autoconsommer davantage ne vous procure pas de gain supplémentaire sur vos coûts de réseau tant que vous bénéficiez de la compensation.
| Ce que vous comparez | Autoconsommer | Injecter |
|---|---|---|
| Partie énergie, avec compensation | le kWh n'est pas acheté | le kWh est effacé, à concurrence de vos prélèvements |
| Partie énergie, sans compensation | le kWh n'est pas acheté | ce que votre fournisseur paie, sans tarif officiel |
| Coûts de réseau, compteur double flux | votre volume brut diminue | votre volume brut ne change pas |
| Coûts de réseau, sans double flux | forfait plus tarifs sur le volume net | même effet sur le volume net |
Wallonie
La compensation reste d'application jusqu'au 31 décembre 2030 pour les installations de 10 kW ou moins certifiées avant le 1er janvier 2024. Elle joue sur la partie énergie ; les coûts de réseau suivent vos prélèvements bruts si vous avez un compteur double flux, et sont forfaitisés sinon. Surveillance par la CWaPE, cinq gestionnaires de réseau de distribution.
Flandre
Depuis le 1er avril 2026, un solde négatif constitué avec un compteur qui tourne à l'envers n'y donne plus droit à une indemnité. Un excédent de production s'y vend via un contrat d'injection. Un tarif capacitaire y est appliqué sur la pointe mensuelle.
La conséquence pratique : un article flamand sur l'autoconsommation ne décrit pas votre situation. Les deux Régions ont pris des directions opposées, et la Wallonie agit sur les heures plutôt que sur la pointe.
Quatre cas se présentent aujourd'hui, chacun avec son propre gain.
Si
votre installation de 10 kW ou moins a été certifiée avant le 1er janvier 2024, et vous avez un compteur double flux
Alors la compensation joue jusqu'au 31 décembre 2030 sur la partie énergie. Votre gain supplémentaire se situe sur les coûts de réseau, calculés sur vos prélèvements bruts, et le montant maximum à facturer vous protège si votre autoconsommation reste faible.
Décret du 1er octobre 2020, confirmé par la CWaPE.
Si
votre installation a été certifiée à partir du 1er janvier 2024
Alors il n'y a pas de compensation. Chaque kWh autoconsommé vous épargne le prix complet du réseau, et chaque kWh injecté ne vaut que ce que votre fournisseur accepte de payer.
Le plafond sur les coûts de réseau ne s'applique pas à ces installations.
Si
vous avez agrandi une installation antérieure après le 1er janvier 2024
Alors vous conservez la compensation à une condition : l'augmentation de puissance ne dépasse pas 1 kW et le total reste inférieur ou égal à 10 kW.
Arrêté du Gouvernement wallon du 12 octobre 2023, article 2.
Si
vous n'avez pas encore de compteur double flux et vous bénéficiez encore de la compensation
Alors une partie de vos coûts de réseau est forfaitisée par le tarif prosumer, calculé sur la puissance de votre installation. S'y ajoutent les tarifs proportionnels sur votre volume net. Autoconsommer davantage ne réduit ni ces coûts ni la partie énergie, que la compensation neutralise déjà. Le levier ici est le placement d'un compteur double flux.
Pour 2026, hors TVA : 80,98 € par kWe chez ORES, 79,45 € chez RESA, 76,45 € chez AIEG et 93,67 € chez AIESH.
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Il n'existe pas de tarif d'injection officiel en Wallonie, ni de prix de reprise fixé par le régulateur : nous avons cherché un montant publié par la CWaPE, le SPW ou la CREG, sans en trouver. Ce que la CWaPE publie sur l'injection concerne les coûts de réseau : le prosumer peut injecter son énergie sans qu'un tarif d'injection lui soit facturé.
Cette phrase est souvent lue à l'envers : ne pas payer de tarif d'injection ne signifie pas être payé pour injecter. Si vous relevez de la compensation, votre injection est effacée de votre facture d'énergie. Sinon, elle ne vaut que ce qui figure dans votre contrat, à un prix commercial libre.
Pour situer un ordre de grandeur, il existe un chiffre tout compris publié par Région. La CREG calcule mensuellement un prix moyen commercial de l'électricité tout compris pour les clients résidentiels : énergie, coûts de réseau, prélèvements, surcharges et TVA. Le SPF Finances en déduit chaque trimestre un montant maximum pour le remboursement de la recharge à domicile, avec un décalage de deux mois : 37,83 centimes par kWh pour la Wallonie au troisième trimestre 2026, TVA comprise, contre 32,22 pour la Flandre. Retenez la portée : c'est une référence de remboursement par Région, pas le tarif de votre contrat, et elle change chaque trimestre.
Ce montant correspond à la valeur d'un kWh autoconsommé pour les installations certifiées à partir du 1er janvier 2024, qui ne relèvent plus de la compensation. Sous compensation, la partie énergie est déjà effacée à concurrence de vos prélèvements, et la valeur qui reste se limite aux coûts de réseau, pour autant que vous ayez un compteur double flux.
C'est la nouveauté wallonne de 2026, et elle pousse dans la même direction que l'autoconsommation. Depuis le 1er janvier 2026, le tarif Impact existe : un tarif de distribution purement optionnel, pour les consommateurs équipés d'un compteur communicant à fonction communicante active et dont la puissance de raccordement ne dépasse pas 56 kVA. Il répartit trois tarifs sur cinq plages.
Les plages sont identiques chez ORES, RESA et AIEG, du lundi au dimanche : PIC de 17h à 22h, MEDIUM de 7h à 11h et de 22h à 1h, ECO de 11h à 17h et de 1h à 7h. Les heures les moins chères de la journée recouvrent donc largement celles où vos panneaux produisent le plus.
Le tarif bihoraire classique a lui aussi été redessiné à la même date, pour tout le monde et sans démarche à faire : heures creuses chaque jour de 11h à 17h, heures pleines de 7h à 11h et de 17h à 22h, sept jours sur sept. Le week-end n'est donc plus intégralement en heures creuses. Au total, douze heures creuses supplémentaires par semaine.
Ne confondez pas avec la Flandre : la Wallonie n'applique pas de tarif capacitaire comparable. Les tarifs 2026 à 2029 fixent le terme de puissance à 0 € par kW, et il ne concerne que les utilisateurs du tarif Impact. Ici, c'est l'heure qui compte, pas la pointe.
Ce qui suit est un raisonnement fondé sur les chiffres ci-dessus, et non une prescription du régulateur.
Déplacez ce qui est déplaçable vers le milieu de journée. Entre 11h et 17h, vous cumulez désormais deux effets : votre production couvre votre consommation, et vous êtes en heures creuses ou en heures ECO.
Ne vous fiez pas à un taux d'autoconsommation moyen. La CWaPE a établi que, de manière générale, 40,26 % de l'énergie produite est consommée simultanément. C'est une hypothèse de calcul tarifaire, et non une mesure de ce que font les ménages wallons. Nous n'avons trouvé aucune statistique wallonne mesurée et publiée sur ce point.
Vérifiez votre régime avant de changer quoi que ce soit. Si vous bénéficiez encore de la compensation, l'essentiel est déjà acquis sur la partie énergie et l'effort supplémentaire porte sur les coûts de réseau. Sinon, chaque kWh déplacé compte pleinement.
Reste la partie que vous ne déplacerez pas : le prix auquel vous achetez le reste. Vos index et vos volumes d'injection sont consultables gratuitement chez votre gestionnaire de réseau. Si vous préférez que quelqu'un suive votre contrat et rassemble ces données dans un seul aperçu, c'est ce que fait June Premium.
Oui, jusqu'au 31 décembre 2030, pour les installations de 10 kW ou moins mises en service avant le 1er janvier 2024. Elle porte sur la partie énergie de votre facture. Les coûts de réseau, eux, sont calculés sur vos prélèvements bruts si vous avez un compteur double flux, et forfaitisés par le tarif prosumer si vous n'en avez pas.
Que signifie « mise en service » exactement ?La date de la visite attestant de la conformité de l'installation, c'est-à-dire le contrôle RGIE. C'est cette date qui compte, et non celle de la commande ou de la pose des panneaux.
Le compteur communicant me fait-il perdre la compensation ?Non. Le compteur ne tournera pas mécaniquement à l'envers, mais l'effacement des kWh produits aura bien lieu sur votre facture de régularisation. Il change en revanche la base de calcul de vos coûts de réseau, qui passent du tarif prosumer forfaitaire aux tarifs appliqués à vos prélèvements bruts. Vous ne pouvez par ailleurs pas refuser son placement.
Combien rapporte un kWh injecté en Wallonie ?Il n'existe pas de tarif d'injection officiel ni de prix de reprise fixé par le régulateur. Si vous relevez de la compensation, votre injection est effacée de votre facture d'énergie. Sinon, elle ne vaut que ce que prévoit votre contrat.
Combien coûte le tarif prosumer en 2026 ?Hors TVA, par kilowatt électrique de votre installation : 80,98 € chez ORES, 79,45 € chez RESA, 76,45 € chez AIEG et 93,67 € chez AIESH. Pour REW, nous n'avons trouvé aucune décision d'approbation d'un tarif 2026 publiée par la CWaPE ; si REW est votre gestionnaire de réseau, vérifiez-le auprès de lui.
La Wallonie applique-t-elle un tarif capacitaire ?Non. Le terme de puissance est fixé à 0 € par kW pour les années 2026 à 2029, et il ne concerne que les utilisateurs ayant opté pour le tarif Impact. Ce qui compte en Wallonie, c'est l'heure de consommation.
En Wallonie, tout part de votre date de certification.
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Sources