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Compteur communicant et panneaux solaires en Wallonie

Rédigé par Vincent | 25/08/26 11:06

La réponse courte

En Wallonie, le compteur communicant ne supprime pas votre compensation. Elle court jusqu'au 31 décembre 2030, pour les installations jusqu'à 10 kilowatts mises en service avant le 1er janvier 2024, et uniquement sur la partie énergie de votre facture. Ce qui change, c'est la manière dont vos coûts de réseau sont calculés.

31 décembre 2030
fin de la compensation pour les installations qui y ont encore droit
1 kilowatt
l'augmentation de puissance au-delà de laquelle vous perdez la compensation
80,98 euros
tarif prosumer ORES par kilowatt électrique et par an en 2026, hors TVA

Le compteur communicant supprime-t-il votre compensation ?

Non, et la CWaPE l'écrit noir sur blanc : le placement d'un compteur communicant ne modifie pas les droits des prosumers relatifs à la compensation. Le compteur ne tournera plus mécaniquement à l'envers, mais l'effacement des kilowattheures produits a bien lieu sur votre facture de régularisation.

Il y a toutefois une limite que beaucoup découvrent trop tard. La compensation ne porte que sur la partie énergie de la facture, ce que la CWaPE appelle la commodity. Elle ne s'applique pas aux coûts de réseau. Les kilowattheures que vous injectez effacent donc le prix de l'énergie, pas les tarifs de distribution et de transport.

Une nuance importante selon votre compteur. Si vous n'avez pas encore de compteur double flux, les termes proportionnels de distribution et de transport se calculent sur vos prélèvements nets, donc après déduction de votre injection ; le tarif prosumer est précisément la contrepartie forfaitaire de cet effet. Avec un compteur qui mesure vos prélèvements bruts, ces termes s'appliquent au volume brut.

Ce que fait le compteur communicant, c'est mesurer. Il enregistre séparément ce que vous prélevez et ce que vous injectez. C'est cette mesure séparée qui détermine la façon dont vos coûts de réseau sont calculés, et c'est là que se joue la différence avec un ancien compteur.

Jusqu'à quand court-elle, et comment la perd-on ?

Le décret du 1er octobre 2020 a mis fin à la compensation au 31 décembre 2023, avec une dérogation : elle est maintenue jusqu'au 31 décembre 2030 pour les auto-producteurs dont l'installation renouvelable a une puissance nette développable inférieure ou égale à 10 kilowatts et dont la mise en service est antérieure au 1er janvier 2024.

La date de mise en service, c'est la date de la visite qui atteste la conformité de votre installation. Pas la date de la commande, ni celle de la pose des panneaux.

Si

Votre installation a été réceptionnée avant le 1er janvier 2024 et vous n'y touchez pas

Vous gardez la compensation jusqu'au 31 décembre 2030.

Sauf si vous y renoncez vous-même : rejoindre une opération de partage d'énergie ou vendre votre injection à un fournisseur met fin à la compensation, définitivement selon ORES.

Si

Vous agrandissez cette installation à partir du 1er janvier 2024

Vous gardez la compensation tant que l'augmentation ne dépasse pas 1 kilowatt et que le total reste à 10 kilowatts ou moins.

Au-delà de l'un de ces deux seuils, la compensation tombe pour l'ensemble de l'installation, pas seulement pour la partie ajoutée.

Si

Votre installation a été certifiée après le 1er janvier 2024

Pas de compensation. Vos coûts de réseau se calculent sur vos prélèvements bruts.

Pour ces installations, le placement du compteur communicant et l'activation de la fonction communicante sont systématiques.

Un point de calendrier qui vaut la peine d'être vérifié avant de faire remplacer votre compteur. La CWaPE signale qu'une intervention technique à l'initiative du prosumer entre deux relevés d'index scinde la période de facturation annuelle, la compensation s'appliquant alors à chaque période séparément, ce qui peut entraîner une perte partielle de la production. ORES écrit de son côté que si votre compteur est remplacé en dehors de votre mois de relevé, vous bénéficiez d'un report et ne perdez pas votre compensation. Les deux textes ne décrivent pas tout à fait la même situation, la CWaPE visant une intervention demandée par le prosumer et ORES sa propre pratique de report : posez la question à votre gestionnaire de réseau avant l'intervention. ORES formule la même mise en garde pour un changement de fournisseur ou de contrat en dehors de votre période de relevé, où vous perdez le surplus produit entre le relevé et le changement. Cela vaut aussi pour un passage chez nous.

Tarif prosumer ou prélèvements bruts : que payez-vous ?

Le tarif prosumer s'applique aux prosumers qui n'ont pas de compteur enregistrant leurs prélèvements réels bruts. C'est un forfait, calculé sur la puissance nette développable de votre installation, et il s'applique au prorata des jours facturés.

Tarif prosumer 2026, hors TVAPar kilowatt électrique et par anEn 2025
ORES80,98 euros82,04 euros
RESA79,45 euros81,07 euros
AIEG76,45 euros74,52 euros
AIESH93,67 euros92,15 euros

Deux malentendus que la CWaPE corrige elle-même. Ce n'est pas une taxe : c'est un tarif pour l'utilisation du réseau de distribution. Et ce n'est pas un tarif d'injection : il se base sur l'utilisation du réseau liée à vos prélèvements. La méthodologie tarifaire 2025-2029 ne prévoit aucun tarif d'injection pour les installations jusqu'à 10 kVA.

Le forfait repose sur une hypothèse : la CWaPE a établi que 40,26 pour cent de l'énergie produite est consommée au moment où elle est produite. Le reste repasse par le réseau. Si votre autoconsommation réelle est plus élevée que cette hypothèse, le forfait vous coûte plus cher que ce que vous utilisez réellement du réseau. Si elle est plus basse, c'est l'inverse.

Le plafond qui vous protège, et ses limites

L'article 81 de la méthodologie tarifaire 2025-2029 prévoit un plafond : les coûts de distribution, de transport et les surcharges appliqués aux prélèvements bruts ne peuvent pas dépasser ce que vous auriez payé sur la base des prélèvements nets augmentés du tarif prosumer. La modalité figure aussi dans la grille tarifaire d'ORES pour 2026.

Le critère est de bénéficier ou non de la compensation. Le plafond ne joue donc plus pour les installations certifiées après le 1er janvier 2024, pour celles dont la puissance a augmenté de plus d'un kilowatt, et pour qui a renoncé à la compensation, par exemple pour valoriser son injection ou pour participer à un partage d'énergie.

Pour qui bénéficie encore de la compensation, ce plafond a une conséquence pratique : vous ne payez jamais plus que la formule la plus avantageuse des deux, et ORES applique automatiquement celle qui vous coûte le moins. Il n'y a donc pas d'arbitrage à faire de votre côté.

La CWaPE publie un exemple chiffré sur les tarifs de 2025, pour une installation de 5 kilowatts électriques, 7.000 kilowattheures de consommation, 5.000 kilowattheures produits et la moitié autoconsommée : 728,47 euros de coûts de réseau avec le tarif prosumer et les prélèvements nets, contre 643,43 euros sur la base des prélèvements bruts, TVA comprise dans les deux cas. Dans cette configuration, la facturation sur les prélèvements bruts était donc la moins chère. Ce sont des tarifs 2025 : refaites le calcul avec les vôtres.

Vos coûts de réseau sont donc réglés par la réglementation et par votre gestionnaire de réseau, pas par votre fournisseur. Ce qui dépend bien de votre contrat, c'est le prix de l'énergie et ce que vous recevez pour votre injection si vous avez renoncé à la compensation. Cette partie-là, vous pouvez la confier à June.

Les coûts de réseau sont réglés. Le contrat, lui, se choisit.

June Premium est fait pour les toits équipés : nous suivons ce que vous prélevez et ce que vous injectez, et nous adaptons la partie de la facture qui dépend d'un contrat. Vous n'avez rien à comparer.

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Ce qui a changé le 1er janvier 2026

Trois choses, et la première touche directement l'autoconsommation.

Les plages du bihoraire ont été redécoupées. Depuis le 1er janvier 2026, les heures creuses courent de 11h à 17h et de 22h à 7h, sept jours sur sept, sans plus aucune distinction entre semaine et week-end. Le changement a été automatique, sans démarche de votre part.

Pour un propriétaire de panneaux en bihoraire, cela mérite un calcul. Vos panneaux produisent surtout entre 11h et 17h, donc précisément dans la nouvelle plage creuse. Chez ORES, le terme proportionnel de distribution vaut 0,1042868 euro par kilowattheure en heures pleines et 0,0487574 euro en heures creuses, hors TVA. Le kilowattheure que vous autoconsommez à midi vous évite donc désormais le terme creux et non plus le terme plein : sur cette composante, la même autoconsommation rapporte un peu moins. Ce que vous prélevez à midi vous coûte en revanche moins cher.

Trois réserves. Seul le terme proportionnel de distribution est différencié dans le temps, pas l'ensemble de vos coûts de réseau. Si vous êtes en monohoraire, ou si vos coûts de réseau se calculent encore sur vos prélèvements nets avec le tarif prosumer, le moment de votre autoconsommation ne change quasiment rien. Et le redécoupage a aussi supprimé la plage creuse qui couvrait tout le week-end : le samedi et le dimanche, de 7h à 11h et de 17h à 22h, vous payez désormais le terme plein.

Un nouveau tarif optionnel existe. Le tarif IMPACT répartit trois niveaux de prix sur plusieurs plages : PIC de 17h à 22h, MEDIUM de 7h à 11h et de 22h à 1h, ECO de 11h à 17h et de 1h à 7h, chez ORES. Il est réservé aux raccordements jusqu'à 56 kVA équipés d'un compteur électronique dont la fonction communicante est active. Sans compteur communicant activé, ce tarif ne vous est pas accessible.

Le terme capacitaire est à zéro. Pour les années 2026 à 2029, il est fixé à 0 euro par kilowatt dans la grille d'ORES. Contrairement à la Flandre, la Wallonie ne facture donc pas de pointe de puissance aux ménages sur cette période.

Pouvez-vous refuser le compteur communicant ?

Plus depuis janvier 2026. Le décret du 19 décembre 2025 a modifié l'article 35 du décret du 12 avril 2001 : le gestionnaire de réseau installe un compteur qui communique à chaque point de fourniture, sauf impossibilité d'accès ou impossibilité technique ou économique. Ce texte est en vigueur depuis janvier 2026.

Ce que vous pouvez encore refuser, c'est l'activation de la fonction communicante, ou en demander la désactivation. Le refus doit intervenir dans les quinze jours calendrier qui suivent la pose, sinon la désactivation devient payante selon la grille des tarifs non périodiques.

Le décret énumère les conséquences de ce refus, et l'une d'elles concerne directement les panneaux solaires : sans fonction communicante, le gestionnaire de réseau ne peut pas vérifier l'absence de problème de qualité de tension, ce qui rend irrecevable une demande d'indemnisation pour décrochage d'onduleur. La CWaPE indique d'ailleurs que le compteur communicant est l'outil sur lequel un gestionnaire de réseau s'appuie aujourd'hui pour détecter ces décrochages.

Les autres conséquences : relevé manuel des index quand un processus de marché l'exige, impossibilité de participer au partage d'énergie ou à l'échange de pair-à-pair, impossibilité de fournir des services de flexibilité ou toute activité qui demande une transmission quotidienne des données, et impossibilité d'activer le prépaiement. Une précision utile sur le partage d'énergie : y participer suppose de renoncer à la compensation, ce n'est donc pas un ajout gratuit à ce que vous avez déjà.

Quant au calendrier : le décret fixe un objectif de cent pour cent de compteurs communicants installés au plus tard le 31 décembre 2029. En octobre 2025, la Wallonie annonçait environ 23 pour cent des clients ORES équipés, 20 pour cent chez RESA et 21,5 pour cent chez les plus petits gestionnaires. C'est le dernier chiffre officiel publié que nous avons trouvé.

Ce qui ne change pas

Vos certificats verts et votre prime Qualiwatt. La CWaPE est explicite : si vous y avez droit aujourd'hui, vous conservez ce droit selon les modalités et la durée prévues. Le compteur n'y change rien.

Pour les nouvelles installations jusqu'à 10 kilowatts, il n'existe plus de mécanisme de soutien depuis le 30 juin 2018. Le SPW le confirme encore dans sa fiche mise à jour en juillet 2026.

Et une précision qui surprend souvent : l'énergie que vous injectez en excédent, celle que vous ne reprélevez jamais, n'est pas valorisée par défaut. Elle n'est pas revendue à vos voisins par votre fournisseur : le gestionnaire de réseau l'utilise pour compenser les pertes sur son réseau. Une installation surdimensionnée produit donc de l'énergie qui ne vous rapporte rien, tant que vous restez sous compensation. Il existe une alternative : y renoncer pour vendre votre injection à un fournisseur. Selon ORES, ce choix est définitif, donc il se calcule avant de le poser.

Wallonie

Compensation jusqu'au 31 décembre 2030 pour les installations jusqu'à 10 kilowatts réceptionnées avant 2024, sur la partie énergie uniquement. Tarif prosumer pour ceux qui n'ont pas de mesure brute. Terme capacitaire à zéro jusqu'en 2029.

Flandre

La compensation a disparu. Les tarifs de réseau se calculent sur les prélèvements bruts, il n'y a plus de tarif prosumer avec un compteur communicant, et un tarif capacitaire s'applique sur les pointes de prélèvement.

Vous déménagez de Flandre vers la Wallonie ou l'inverse ? Alors ce sont deux régimes différents, et votre contrat mérite d'être revu. Vous pouvez le faire suivre par June.

Questions fréquentes

Le compteur communicant supprime-t-il ma compensation en Wallonie ?

Non. La CWaPE indique que le placement d'un compteur communicant ne modifie pas les droits des prosumers relatifs à la compensation. L'effacement des kilowattheures produits a lieu sur votre facture de régularisation, mais uniquement sur la partie énergie et pas sur les coûts de réseau.

Jusqu'à quand la compensation court-elle ?

Jusqu'au 31 décembre 2030, pour les installations d'une puissance nette développable jusqu'à 10 kilowatts mises en service avant le 1er janvier 2024. La date de mise en service est celle de la visite qui atteste la conformité de l'installation.

Puis-je perdre la compensation en agrandissant mon installation ?

Oui. Une augmentation de plus d'un kilowatt, ou un total qui dépasse 10 kilowatts, fait tomber la compensation pour l'ensemble de l'installation et non pour la seule partie ajoutée.

Combien coûte le tarif prosumer en 2026 ?

Chez ORES 80,98 euros par kilowatt électrique et par an, chez RESA 79,45 euros, hors TVA. Chez AIEG 76,45 euros et chez AIESH 93,67 euros. Chez ORES et RESA, ces montants sont en baisse par rapport à 2025.

Puis-je refuser le placement d'un compteur communicant ?

Non. Depuis le décret du 19 décembre 2025, le gestionnaire de réseau installe un compteur communicant à chaque point de fourniture. Vous pouvez uniquement refuser l'activation de la fonction communicante, dans les quinze jours qui suivent la pose.

Qu'est-ce que je perds en refusant la fonction communicante ?

Entre autres la recevabilité d'une demande d'indemnisation pour décrochage d'onduleur, l'accès au partage d'énergie et aux services de flexibilité, l'accès au tarif IMPACT et le prépaiement. Vos index devront aussi être relevés manuellement quand un processus de marché l'exige.

Sources

  • Décret du 1er octobre 2020, article 2, Moniteur belge du 19 octobre 2020, qui met fin à la compensation au 31 décembre 2023 et la maintient jusqu'au 31 décembre 2030 pour les installations jusqu'à 10 kilowatts mises en service avant le 1er janvier 2024. Consulté le 25 août 2026.
  • Arrêté du Gouvernement wallon du 12 octobre 2023, Moniteur belge du 14 décembre 2023, pour la définition de la date de mise en service et les seuils d'un kilowatt et de 10 kilowatts. Consulté le 25 août 2026.
  • CWaPE, pages sur le compteur communicant et sur la compensation, avec la précision que le placement ne modifie pas les droits à la compensation, que celle-ci ne porte que sur la partie énergie, et la mise en garde sur le fractionnement de la période de facturation. Consultées le 25 août 2026.
  • ORES, page sur la compensation pour les installations antérieures à 2024, qui annonce un report de la compensation en cas de remplacement hors du mois de relevé. Consultée le 25 août 2026.
  • CWaPE, dossier de presse sur les tarifs de distribution 2026-2029 du 1er juillet 2025, avec les tarifs prosumer capacitaires 2025 et 2026 par gestionnaire de réseau, hors TVA. Consulté le 25 août 2026.
  • ORES, grille des tarifs périodiques de prélèvement 2026, approuvée le 18 décembre 2025, pour le tarif prosumer, les plages horaires, le tarif IMPACT, le terme capacitaire à zéro et le plafonnement des coûts de réseau. Consultée le 25 août 2026.
  • CWaPE, note explicative sur le tarif prosumer, document du 17 juillet 2017 mis à jour le 23 juin 2025, pour l'hypothèse d'autoconsommation, le fait qu'il ne s'agit ni d'une taxe ni d'un tarif d'injection, l'article 81 de la méthodologie 2025-2029, le sort de l'énergie injectée en excédent et le maintien des certificats verts. Consultée le 25 août 2026.
  • CWaPE, exemple chiffré des coûts de réseau sur les tarifs 2025 pour une installation de 5 kilowatts électriques, TVA comprise. Consulté le 25 août 2026.
  • Décret du 12 avril 2001, article 35, texte consolidé tel que modifié par le décret du 25 avril 2024 et le décret du 19 décembre 2025, pour l'installation à chaque point de fourniture, l'objectif de cent pour cent au 31 décembre 2029 et la liste des conséquences du refus d'activation. Consulté le 25 août 2026.
  • CWaPE, foire aux questions sur le refus du compteur communicant, avec le délai de quinze jours et le caractère payant d'une désactivation ultérieure. Consultée le 25 août 2026.
  • Wallonie.be, actualité du 22 octobre 2025 sur la généralisation des compteurs communicants, avec l'état d'avancement par gestionnaire de réseau, et actualité du 31 octobre 2025 sur les nouvelles plages du bihoraire au 1er janvier 2026. Consultées le 25 août 2026.
  • SPW, fiche sur les aides existantes pour une installation photovoltaïque de petite puissance, mise à jour le 23 juillet 2026, qui confirme l'absence de mécanisme de soutien depuis le 30 juin 2018. Consultée le 25 août 2026.