La réponse courte
Le compteur communicant mesure vos prélèvements et vos injections par quart d'heure et envoie vos index à votre gestionnaire de réseau une fois par jour. Votre fournisseur, lui, ne les reçoit qu'une fois par an par défaut. Et depuis le 9 janvier 2026, vous ne pouvez plus refuser l'appareil, seulement sa fonction communicante.
Dans cet article
Un compteur communicant enregistre l'électricité que vous prélevez sur le réseau et, si vous produisez, celle que vous y injectez. La granularité est le quart d'heure : selon ORES, les données de consommation sont collectées par intervalles de quinze minutes, et le compteur conserve lui-même un historique de soixante jours, accessible uniquement à la demande du gestionnaire de réseau et en cas de besoins particuliers, par exemple si la communication à distance s'interrompt un moment.
Ce que l'appareil ne fait pas mérite d'être dit aussi clairement. Il n'identifie pas les appareils : il enregistre des index par plage horaire tarifaire et une courbe de charge, pas la signature d'un appareil. Vos données plus fines vous sont accessibles de deux façons : la plateforme de consultation de votre gestionnaire de réseau, libre et gratuite, et le port client de votre compteur. Pour ce port, ORES écrit que les données qui y sont disponibles sont beaucoup plus détaillées que les informations qu'il conserve lui-même, et qu'une fois ce port ouvert, l'usage qui en sera fait est indépendant de sa volonté. Et le compteur ne facture pas la puissance que vous appelez : dans les grilles basse tension 2026 d'ORES et de RESA, le terme capacitaire affiche 0,0000000 euro par kW, avec la mention littérale que pour les années 2026 à 2029 ce tarif est fixé à 0 euro par kW et qu'il ne s'applique qu'aux utilisateurs ayant opté pour la tarification incitative. En tarification standard, il n'est pas facturé : ORES l'indique par un tiret dans sa grille, RESA par un 0,0000000. Attention, cela vaut pour la basse tension jusqu'à 56 kVA. Au-delà de ce seuil et en moyenne tension, un terme capacitaire non nul existe et il est facturé aux utilisateurs pour lesquels une pointe peut être mesurée : chez RESA en 2026, 4,0611949 euro par kW de pointe annuelle en basse tension au-delà de 56 kVA et 1,9333416 euro en moyenne tension, hors TVA. La même grille prévoit d'ailleurs des configurations sans facturation de ce terme. En basse tension jusqu'à 56 kVA et jusqu'en 2029, faire tourner votre four et votre lave-linge en même temps ne vous coûte donc rien au titre de la simultanéité, que vous soyez en tarification standard ou en IMPACT.
Ne confondez pas non plus le compteur et sa fonction communicante. L'appareil peut être posé et sa communication restée éteinte : c'est précisément la distinction sur laquelle repose tout le régime de refus, et elle a changé cette année.
C'est l'endroit où la plupart des explications se trompent, parce que « mesuré au quart d'heure » se lit vite comme « transmis au quart d'heure ». Il y a plusieurs couches, et le décret les distingue.
| Qui | Ce qu'il reçoit | À quelle fréquence |
|---|---|---|
| Votre gestionnaire de réseau | vos index de la veille | une fois par jour |
| Votre fournisseur, par défaut | les index et volumes de la période de facturation | une fois par an |
| Votre fournisseur, sur demande | vos index infrajournaliers | quotidiennement |
| Vous, sur la plateforme du gestionnaire | vos données, y compris non validées | librement et gratuitement |
Le décret électricité est explicite sur le régime par défaut : la transmission des données agrégées vers les acteurs de marché est effectuée sur base annuelle, et la fréquence de facturation par défaut est annuelle. L'utilisateur équipé d'un compteur communicant peut choisir librement un autre régime de comptage. ORES le formule dans les mêmes termes : vos index de la veille sont envoyés quotidiennement à ORES et automatiquement à votre fournisseur une fois par an ; vos index infrajournaliers ne sont mis quotidiennement à disposition de votre fournisseur que si vous en faites la demande auprès de lui.
L'arrêté du Gouvernement wallon du 1er décembre 2022 dit la même chose autrement, et c'est la phrase à retenir : l'activation de la fonction communicante du compteur n'implique pas la transmission des données de comptage quart-horaires vers le marché. Il faut une demande explicite auprès du fournisseur.
Sur la protection de vos données, le cadre est net. Le gestionnaire de réseau de distribution est le responsable de traitement et ne traite les données issues du compteur que pour ses missions légales. Nul ne peut lire, exporter ou traiter les informations d'un compteur communicant sans votre accord préalable, libre, spécifique, éclairé et univoque, sauf autorisation légale. Et trois finalités sont interdites : le commerce de données de comptage, le commerce de profils énergétiques permettant de déduire vos comportements, et l'établissement de listes de fraudeurs ou de mauvais payeurs. Depuis le 9 janvier 2026, les gestionnaires de réseau doivent en plus mettre en place les moyens de détecter les failles de sécurité, les accès irréguliers et les détournements de finalité.
Un détail concret : le port de sortie du compteur, celui qui permet à un appareil chez vous de lire vos données, est désactivé par défaut. Il s'active ou se désactive sur simple demande auprès de votre gestionnaire de réseau, et cette téléopération est gratuite dans la grille tarifaire 2026.
Votre compteur mesure, encore faut-il suivre le prix
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Non, et c'est le changement le plus important de 2026. Le décret du 19 décembre 2025, publié au Moniteur belge du 30 décembre 2025 et en vigueur depuis le 9 janvier 2026, a réécrit l'article 35 du décret électricité. Le texte consolidé dit maintenant : le gestionnaire de réseau de distribution installe un compteur qui communique à chaque point de fourniture, sauf si l'accès est impossible ou si l'installation est techniquement impossible ou non économiquement raisonnable.
Avant le 9 janvier 2026, la formulation était l'inverse : tout client final pouvait refuser le placement d'un compteur communicant ou l'activation de la fonction communicante. Ce qui subsiste aujourd'hui est le second membre de phrase uniquement. L'article 35, § 3 dit : l'utilisateur du réseau peut refuser l'activation de la fonction communicante du compteur ou demander la désactivation de celle-ci.
Deux conséquences pratiques.
Attention à la lecture de ces 15 jours, car plusieurs pages de vulgarisation les présentent comme une condition légale. Ce n'en est pas une : le décret n'enferme pas le droit de refus dans un délai. Les 15 jours sont un seuil tarifaire. Au-delà, la désactivation reste possible mais devient payante, et RESA précise que vous recevez d'abord un devis. RESA ajoute que la désactivation ne peut pas être réalisée sur place au moment de la pose.
Ce que vous perdez en désactivant est énuméré dans le décret lui-même : la relève manuelle des index redevient nécessaire, et il devient techniquement impossible de participer au partage d'énergie, à un échange de pair-à-pair, aux services de flexibilité, à toute activité de marché exigeant une transmission quotidienne, et d'activer la fonction de prépaiement. RESA signale en outre une conséquence que peu de gens anticipent : la facturation intermédiaire à la date de coupure de la communication peut perturber le mécanisme de compensation annuelle, qui se fera alors en deux périodes au lieu d'une.
Un point d'honnêteté sur l'état du droit. Le nouvel article 35, § 3 charge le Gouvernement de préciser les formalités du refus. Au 10 septembre 2026, cet arrêté n'existe pas, et l'arrêté toujours applicable, celui du 1er décembre 2022, parle encore de la possibilité de refuser le placement. En pratique, ce sont les procédures des gestionnaires de réseau qui s'appliquent : un formulaire à renvoyer chez RESA, un numéro d'appel chez ORES.
Sur les délais, l'arrêté de 2022 reste utile. Le placement d'un compteur communicant n'excède pas quatre mois après votre demande complète. Le gestionnaire vous informe au plus tard un mois avant la pose lorsqu'il en prend l'initiative, et prend contact au plus tard dix jours avant pour convenir de la date et de la plage horaire. Le coût du compteur est à charge du gestionnaire de réseau, qui en est le propriétaire, et le remplacement d'un type de compteur par un autre est gratuit dans la grille 2026.
Wallonie
La pose est obligatoire depuis le 9 janvier 2026 ; seule la fonction communicante peut être refusée ou désactivée. Le terme capacitaire est fixé à 0 euro par kW jusqu'en 2029 et ne concerne que le tarif IMPACT. Contrôle par la CWaPE.
Flandre
Le régime y est distinct et le tarif capacitaire flamand est un autre instrument : il se calcule sur des pointes de puissance, comme le relève une étude de la CREG de juin 2026. Ce tarif n'a rien à voir avec le terme capacitaire wallon à 0 euro par kW.
Si vous lisez un article flamand sur le sujet, ne transposez donc aucun montant. Les deux Régions ont un calendrier, un régulateur et une structure tarifaire différents.
Trois choses ont changé au 1er janvier 2026, et elles se tiennent.
Le bihoraire a de nouvelles plages. Selon les grilles 2026 d'ORES et de RESA, les heures pleines vont de 7h à 11h et de 17h à 22h, du lundi au dimanche ; les heures creuses de 11h à 17h et de 22h à 7h, du lundi au dimanche. Le week-end n'est donc plus entièrement en heures creuses. La CWaPE calcule le solde : 63 heures pleines et 105 heures creuses par semaine, contre 75 et 93 auparavant, soit 12 heures creuses de plus. La bascule est automatique et ne demande aucune démarche, sauf pour une catégorie précise : les personnes ayant demandé la désactivation de la fonction communicante sont contactées par leur gestionnaire de réseau, parce que le changement d'horaire exige chez elles une intervention.
Le tarif IMPACT existe et il est optionnel. Il n'est accessible qu'aux raccordements de 56 kVA ou moins équipés d'un compteur électronique dont la fonction communicante est active. Trois niveaux de prix sur cinq plages, identiques chez les deux gestionnaires : PIC de 17h à 22h, MEDIUM de 7h à 11h et de 22h à 1h, ECO de 11h à 17h et de 1h à 7h. Chez ORES, en 2026 et hors TVA, cela donne 0,1354374 euro par kWh en PIC, 0,0812624 en MEDIUM et 0,0270875 en ECO, contre 0,0920974 en monohoraire. La demande passe par votre fournisseur et le choix n'est pas définitif.
Le terme capacitaire est là mais reste à zéro. Il figure dans la structure tarifaire basse tension, il ne s'active que si vous choisissez IMPACT, et il est fixé à 0 euro par kW de 2026 à 2029 chez ORES comme chez RESA.
Deux mises en garde, et elles viennent du régulateur. La CWaPE écrit que le tarif IMPACT peut permettre des économies à condition d'avoir la possibilité de déplacer des volumes de consommation importants, et son rapport annuel général de 2025 précise qu'il reste spécialement destiné à ceux qui rechargent un véhicule électrique à domicile. Le dossier de presse tarifaire conseille de programmer cette recharge à partir d'une heure du matin. Enfin, le régulateur ajoute que les utilisateurs ne sont pas pénalisés pour leurs besoins quotidiens en plage PIC, le tarif ayant été conçu en tenant compte des consommations de base non déplaçables.
Vous trouverez des montants annuels en euros dans les publications de la CWaPE pour son client type wallon. Nous ne les reprenons pas ici : deux documents du même régulateur donnent 327 euros et 338 euros pour le même profil, ce sont des moyennes pondérées théoriques, et les profils de client type ont été révisés en 2025. Un ordre de grandeur utile en revanche : la CWaPE situe les coûts de distribution à environ 25 pour cent de la facture d'électricité d'un ménage wallon, en juin 2025.
La question qui revient le plus est celle de la compensation, et la réponse est rassurante sur un point et exigeante sur un autre.
Poser le compteur ne vous fait pas perdre la compensation. La CWaPE l'écrit : le placement d'un compteur communicant ne modifie pas les droits des prosumers relatifs à la compensation. ORES le confirme : même si le compteur communicant ne tourne pas à l'envers comme son prédécesseur, la déduction des kilowattheures injectés est bien prise en compte sur votre facture. Le SPW précise le mécanisme : la compensation se calcule au moment du relevé d'index annuel, en soustrayant votre production de votre consommation.
Le cadre légal ne bouge pas non plus. Le décret du 1er octobre 2020, jamais modifié depuis, met fin à la compensation au 31 décembre 2023, mais la maintient jusqu'au 31 décembre 2030 pour les auto-producteurs dont l'installation renouvelable de 10 kW ou moins a été mise en service avant le 1er janvier 2024. Attention à une limite que la CWaPE souligne : la compensation porte uniquement sur la partie énergie de la facture, pas sur les coûts de réseau.
Ce qui peut casser la compensation, ce sont trois de vos propres décisions. RESA l'écrit noir sur blanc : si vous demandez une facturation mensuelle sur index réels, et que vous êtes prosumer, vous perdez le mécanisme de compensation annuelle. Deuxièmement, l'article 35octies du décret électricité prive du régime de compensation annuelle le client actif qui exerce certaines activités de partage d'énergie. Troisièmement, une modification de votre installation à partir du 1er janvier 2024 fait perdre le bénéfice, sauf si les modifications n'entraînent pas cumulativement une augmentation de la puissance nette développable de plus de 1 kW tout en restant globalement à 10 kW ou moins. Un quatrième point mérite une question à votre fournisseur plutôt qu'une réponse d'article. Dans son rapport annuel général 2025, pages 64 et 65, la CWaPE reprend trois craintes qu'elle avait adressées à la FEBEG et à Cociter par courrier du 14 juillet 2025. Deux d'entre elles vous concernent directement : que des fournisseurs pouvaient décider de lier automatiquement le choix du tarif IMPACT à l'option prix dynamiques pour la commodity, et le maintien du droit à la compensation pour les prosumers dont l'installation a été réceptionnée avant le 1er janvier 2024 et qui choisiraient le tarif IMPACT pour la distribution. Depuis, l'article 34bis du décret oblige les fournisseurs à proposer au moins une offre présentant le découpage IMPACT avec le montant de commodity correspondant, et la CWaPE a dressé le bilan de cette mise en conformité le 23 juin 2026. Demandez donc à votre fournisseur ce que le passage à IMPACT change concrètement pour votre compensation.
Le terme prosumer, enfin, dépend de votre compteur mais pas de la façon dont on le résume souvent. Le critère des grilles tarifaires est l'existence d'un compteur qui enregistre vos prélèvements bruts réels : le tarif prosumer s'applique aux prosumers qui n'en disposent pas. Si vous en avez un, vous payez les termes proportionnels sur votre prélèvement brut, avec un plafond égal aux coûts calculés sur les prélèvements nets augmentés du tarif prosumer. Ce plafond est ce qui garantit que vous ne payez pas plus qu'avant. Pour 2026 et hors TVA, le tarif prosumer s'élève à 80,98 euros par kWe chez ORES et 79,45 euros chez RESA, en baisse par rapport à 2025 chez ces deux gestionnaires.
Non, plus depuis le 9 janvier 2026. Le décret du 19 décembre 2025 impose au gestionnaire de réseau d'installer un compteur qui communique à chaque point de fourniture, sauf accès impossible ou installation techniquement impossible ou non économiquement raisonnable. Ce que vous pouvez encore refuser, c'est l'activation de la fonction communicante, et vous pouvez aussi en demander la désactivation.
Combien coûte la désactivation de la fonction communicante ?Elle est gratuite si votre demande arrive dans les 15 jours calendriers après la pose. Au-delà, la grille des tarifs non périodiques 2026 approuvée par la CWaPE la facture 128,33 euros hors TVA, et RESA vous adresse un devis. La réactivation est gratuite. Ces 15 jours sont un seuil tarifaire, pas un délai légal : le droit de refus lui-même n'est pas enfermé dans un délai par le décret.
Est-ce que je perds la compensation si on pose un compteur communicant ?Non. La CWaPE écrit que le placement d'un compteur communicant ne modifie pas les droits des prosumers relatifs à la compensation, et ORES confirme que la déduction des kilowattheures injectés est bien prise en compte sur votre facture. La compensation est maintenue jusqu'au 31 décembre 2030 pour les installations de 10 kW ou moins mises en service avant le 1er janvier 2024. En revanche, passer à la facturation mensuelle ou entrer dans une opération de partage d'énergie vous en prive.
Mon fournisseur voit-il ma consommation au quart d'heure ?Pas par défaut. Le décret électricité prévoit une transmission annuelle des données vers les acteurs de marché et une facturation annuelle par défaut. ORES envoie vos index de la veille quotidiennement à son propre système et une fois par an à votre fournisseur. Vos index infrajournaliers ne lui sont transmis quotidiennement que si vous en faites la demande auprès de lui.
Le tarif IMPACT vaut-il la peine ?Il est optionnel, réservé aux raccordements de 56 kVA ou moins avec fonction communicante active, et la CWaPE écrit qu'il peut permettre des économies à condition d'avoir la possibilité de déplacer des volumes de consommation importants. Son rapport annuel général de 2025 précise qu'il reste spécialement destiné à ceux qui rechargent un véhicule électrique à domicile. La demande passe par votre fournisseur et le choix n'est pas définitif.
Combien de compteurs communicants sont déjà posés en Wallonie ?Le dernier point publié dans le tableau de bord de la CWaPE porte sur le 1er janvier 2026 : 603 489 compteurs, soit 31,13 pour cent. Attention au dénominateur, précisé par le graphique lui-même : ce pourcentage rapporte les compteurs communicants à la somme des compteurs à relève annuelle et des compteurs communicants, ce n'est pas un pourcentage du parc total. Le rapport annuel général de 2025 donne, pour fin 2025, plus de 537 000 compteurs électriques et environ 20 pour cent du parc total. Ni le tableau de bord de la CWaPE ni son rapport annuel général 2025 ne publiaient de point plus récent au 10 septembre 2026.
Un compteur qui mesure, un prix qui bouge
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Sources