La réponse courte
En Wallonie, ce que vous payez sur votre production dépend de votre compteur. Sans compteur communicant ni compteur double flux, vous payez un tarif prosumer forfaitaire exprimé par kilowatt de puissance nette développable. Avec un compteur communicant, vos coûts de réseau se calculent sur vos prélèvements bruts. Un plafond existe, mais il ne vaut plus pour les installations certifiées après le 1er janvier 2024.
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Le tarif prosumer n'est pas une taxe sur vos panneaux et ce n'est pas non plus le prix auquel on vous achète votre production. C'est la manière dont la Wallonie facture les coûts de réseau à quelqu'un qui produit sa propre électricité.
La logique de départ est celle du réseau. Un ménage avec des panneaux prélève moins de kilowattheures, mais il continue d'utiliser le réseau autant, et parfois davantage: pour y injecter le midi et pour y prélever le soir. La CWaPE fixe donc une manière de facturer ces coûts qui ne dépend pas uniquement du volume net prélevé.
La conséquence pratique est celle-ci: ce que vous payez dépend d'abord de la technologie de votre compteur, et ensuite du moment où votre installation a été certifiée (CWaPE, consulté le 18 août 2026).
| Votre situation | Comment le réseau est facturé | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| Pas de compteur communicant ni de compteur double flux | Un tarif prosumer capacitaire, exprimé en euros par kilowatt de puissance nette développable de votre installation | Un forfait: il ne bouge pas selon ce que vous injectez réellement. S'y ajoutent les tarifs proportionnels de prélèvement sur le volume net |
| Compteur communicant | Les coûts de réseau sont calculés sur vos prélèvements bruts, mesurés par le compteur | Vous payez sur ce que vous prélevez réellement du réseau. Pour qui bénéficie encore de la compensation, la CWaPE prévoit un double calcul avec un plafond |
La différence entre les deux régimes n'est pas anodine. Le tarif capacitaire est un forfait sur la puissance que votre installation peut développer, et non sur son fonctionnement. Deux ménages avec la même installation le paient donc de la même façon, même si l'un consomme la majeure partie de sa production et l'autre presque rien.
Le régime en prélèvements bruts fonctionne à l'inverse: il suit ce que vous faites. Chaque kilowattheure que vous consommez au moment où vos panneaux le produisent n'est pas prélevé du réseau, et ne se retrouve donc pas dans la facture des coûts de réseau.
Depuis le 1er janvier 2024, les nouvelles installations sont systématiquement équipées d'un compteur communicant, ce qui fait basculer progressivement les prosumers wallons vers ce second régime.
Le passage aux prélèvements bruts pourrait faire mal aux prosumers qui bénéficient encore de la compensation. La CWaPE a prévu une limite pour cela, et il vaut la peine de la connaître.
Pour un prosumer équipé d'un compteur communicant et qui bénéficie encore de la compensation, le montant total des coûts de réseau calculé sur les prélèvements bruts est plafonné au montant qui aurait été établi sur base des prélèvements nets, augmenté du tarif prosumer capacitaire (CWaPE, consulté le 18 août 2026).
Ce plafond a toutefois une limite que beaucoup ignorent, et elle est de taille. La CWaPE précise qu'il ne s'applique plus aux installations certifiées après le 1er janvier 2024, ni aux installations antérieures dont la puissance a été augmentée de plus d'un kilowatt par rapport à l'origine. Pour ces installations, la facture est établie sur les prélèvements bruts sans maximum à facturer.
Autrement dit: si votre installation est récente, le nouveau régime peut effectivement vous coûter davantage, et il n'y a pas de filet. C'est aussi pour cela que la question qui compte n'est pas de savoir quel régime vous coûte le moins, mais ce que vous pouvez encore influencer vous-même.
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Il n'existe pas un tarif prosumer wallon unique. La CWaPE publie les tarifs périodiques de prélèvement par gestionnaire de réseau de distribution, et les montants diffèrent de l'un à l'autre. Un chiffre trouvé dans un article ne vous dit donc pas ce que vous payez: il vous dit ce que paie quelqu'un d'autre.
Pour connaître le vôtre, deux éléments sont nécessaires: votre gestionnaire de réseau et la puissance nette développable de votre installation. Le premier détermine le tarif applicable, le second le nombre par lequel il est multiplié si vous relevez du régime capacitaire. La CWaPE met un outil en ligne à disposition pour trouver votre gestionnaire de réseau à partir de votre commune.
La puissance nette développable n'est pas la puissance crête de vos panneaux. La CWaPE l'illustre avec un exemple: une installation de 3,8 kWc reliée à un onduleur de 3,5 kVA donne une puissance nette développable de 3,5 kWe. C'est donc l'onduleur qui plafonne, et c'est ce chiffre qui entre dans le calcul.
Un détail qui a son importance: sous le régime capacitaire, c'est la puissance qui compte, pas la production. Agrandir votre installation augmente donc le forfait, indépendamment de ce que les nouveaux panneaux vous rapportent réellement.
Et il y a plus lourd. Pour une installation antérieure à 2024, une augmentation de puissance de plus d'un kilowatt par rapport à l'origine vous fait perdre la compensation et le plafonnement. Faites donc ce calcul avant d'ajouter des modules, et pas après: la perte peut dépasser le rendement des panneaux supplémentaires.
La CWaPE indique que la facturation des coûts de réseau dépend de la technologie du compteur, mais aussi du moment où l'installation a été certifiée. Deux voisins avec des panneaux identiques peuvent donc relever de régimes différents.
C'est contre-intuitif et cela explique une bonne partie des discussions entre prosumers. Comparer votre facture à celle d'un voisin n'a de sens que si vous relevez du même régime; sinon, vous comparez deux manières distinctes de calculer la même chose.
Avant de conclure que votre facture est anormale, vérifiez donc trois choses: quel compteur vous avez, quand votre installation a été certifiée, et quel gestionnaire de réseau vous dessert. Ces trois éléments déterminent ensemble ce que vous payez.
C'est la partie que la plupart des comparaisons laissent de côté, et c'est là que se trouve l'argent.
Un kilowattheure que vous consommez au moment où vos panneaux le produisent est un kilowattheure que vous ne prélevez pas du réseau. Vous économisez alors tout ce que vous auriez payé: la composante énergie, les coûts de réseau, les surcharges et la TVA par-dessus. Un kilowattheure injecté ne vous rapporte pas ces couches: soit il est compensé, soit il vous est racheté à un prix convenu avec votre fournisseur.
Cet écart est structurel et ne dépend pas de votre fournisseur. La première question n'est donc pas de savoir qui achète votre injection au prix le plus élevé, mais quelle part de votre production vous consommez vous-même, et si vous pouvez l'augmenter. C'est le calcul que June fait pour vous.
En pratique, cela revient à déplacer vos gros consommateurs vers le milieu de journée: le lave-vaisselle, la machine à laver, la recharge d'une voiture, la production d'eau chaude sanitaire. Sous le régime des prélèvements bruts, chaque kilowattheure ainsi déplacé sort directement de votre facture de réseau.
Non. C'est la manière dont les coûts de réseau sont facturés à quelqu'un qui produit sa propre électricité. Un ménage avec des panneaux prélève moins, mais continue d'utiliser le réseau, pour y injecter comme pour y prélever.
Comment est calculé le tarif prosumer forfaitaire?Il s'agit d'un tarif capacitaire exprimé en euros par kilowatt, appliqué à la puissance nette développable de votre installation de production. Il ne dépend donc pas du nombre de kilowattheures que vous injectez.
Qu'est-ce qui change avec un compteur communicant?Vos coûts de réseau sont calculés sur vos prélèvements bruts, c'est-à-dire sur ce que vous prélevez réellement du réseau, sans compensation avec votre injection. Depuis le 1er janvier 2024, les nouvelles installations en sont systématiquement équipées.
Le nouveau régime peut-il me coûter plus cher que l'ancien?Pour un prosumer qui bénéficie encore de la compensation, la CWaPE plafonne le total calculé sur les prélèvements bruts au total établi sur base des prélèvements nets, augmenté du tarif prosumer. Ce plafond ne s'applique toutefois plus aux installations certifiées après le 1er janvier 2024, ni aux installations antérieures dont la puissance a augmenté de plus d'un kilowatt. Dans ces cas, la réponse est donc oui.
Quelle est la différence entre injection et autoconsommation?L'autoconsommation est l'électricité que vous utilisez au moment où vos panneaux la produisent. Elle vous évite tout ce que vous auriez payé sur un kilowattheure prélevé: énergie, coûts de réseau, surcharges et TVA. L'injection ne vous rapporte que la valeur énergie.
Où trouver les montants exacts pour mon gestionnaire de réseau?Chez la CWaPE, qui publie les tarifs périodiques de prélèvement par gestionnaire de réseau de distribution. Les montants diffèrent d'un gestionnaire à l'autre, donc un chiffre général ne vous dit pas ce que vous payez.
Sources